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Joerg Ortner


La science du négatif
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du vendredi 6 juillet au samedi 22 septembre 2012

Exposition consacrée au graveur autrichien
Joerg Ortner



Présentation :

Où? Quand? Comment ? Notre rencontre réduite aujourd’hui à des lambeaux. Des bribes et des raccords de rythme. C’est tout. C’est peu pour essayer de retrouver un lieu, une époque, des événements que j’ai depuis longtemps recouverts de peinture blanche, ou noire, je ne sais pas, sans brillant, en tout cas, loin de la laque et de son effet miroir.

Peut-être ai-je aperçu Joerg Ortner pour la première fois, à Malakoff, dans l’atelier de Raquel, où Jean Daive avait pu l’emmener. Je n’en suis pas sûr. Mais l’atelier ayant été, à cette époque, le lieu de toutes les rencontres, mon hypothèse garde un peu de vraisemblance. Je ne savais rien de lui, c’est un fait, mais sa présence m’a tout de suite intrigué. À cause, d’abord, du sourire qu’il vous adressait lorsque vous croisiez son regard. Un sourire qui avait valeur de reconnaissance de l’autre comme interlocuteur, me semblait-il. Celui-ci serait-il pourtant resté, c’était mon cas, résolument muet. Si vous ne saviez rien de lui, il vous donnait en revanche l’impression, par son sourire, qui illuminait son visage, de savoir tout de vous. Ma curiosité était également aiguisée par la lenteur, la douceur du ton de ses prises de parole, auxquelles son accent autrichien donnait une dimension d’étrangeté. Un rythme et une tonalité qui obligeaient à tendre l’oreille, alors qu’il énonçait souvent des paradoxes dont la violence, parfois aiguë, voire tonitruante, n’était pas la moindre des qualités.
Il est probable que nous avons dû observer un long délai de silence avant de nous décider à vraiment nous parler. Ce seuil sitôt franchi, dès qu’à son initiative la parole a pris le dessus, nous nous sommes, une fois pour toutes, réparti les rôles : il parlait et j’écoutais. L’écoutant, sa parole m’est apparue comme une sorte de promenade, qui pouvait à tout moment prendre l’aspect d’une errance, derrière ce qu’il est convenu d’appeler la « réalité » : encore faut-il préciser que s’il avait l’air d’être de « l’autre côté », il pouvait aussi, mine de rien, se tenir loin en avant. Il donnait une dynamique à sa parole qui faisait que lorsqu’elle était lancée, rien n’était jamais joué. La seule certitude que nous avions était que nous n’étions pas près d’en approcher la fin.
[…]

extrait de Épreuve d’artiste par Alain Veinstein, in ' ' ' Le Cahier du Refuge ' ' ' 213, juillet 2012












voir aussi :
Joerg Ortner - La science du négatif (Manifestations)


lire aussi :
213 (Joerg Ortner)

 

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